Le vocabulaire utilisé dans la réglementation, dans le bâtiment et en thermie, peut dissuader beaucoup de primo-accédants à s’informer et à obtenir une construction conforme à leurs choix. Ce lexique de la réglementation thermique vous aidera à comprendre les ficelles du métier de constructeur.

Vocabulaire réglementaire

Norme
L’AFNOR est chargée d’adapter les normes internationales et européennes aux usages français. Elle explique qu’une norme est un cadre de référence qui vise à fournir des lignes directrices, des prescriptions techniques ou qualitatives pour des produits, services ou pratiques.
L’application de certaines normes peut être rendue obligatoire par la loi. Mais dans une majorité de cas, les normes ne sont que des guides pratiques des bons usages professionnels.
Loi – Décret
La Loi est une norme qui a une valeur juridique. On peut d’ailleurs dire d’une norme qu’elle « fait loi ». La loi est votée par le Parlement. Si la loi n’est pas respectée, cela peut engendrer des sanctions judiciaires (pénales ou civiles).
Dans les pays comme la France qui connaissent une forme de séparation des pouvoirs, la loi est une norme juridique adoptée par le pouvoir législatif. Son application peut être ensuite précisée par le pouvoir exécutif dans un décret d’application. Elle sera ensuite encore précisée par l’interprétation qui en sera faite par les tribunaux (jurisprudence).
Décret
Un décret est un acte pris par le président de la République ou par le Premier ministre qui exerce le pouvoir réglementaire, pour préciser comment la Loi doit s’exécuter.
Réglementation ou Règlementation
La règlementation est un ensemble d’indications, de lois, de prescriptions, de règles et règlements, et autres textes juridiques qui régissent une activité particulière. Nous sommes ici concernés par la règlementation de la construction, qui apparaît en particulier dans le code de la construction et de l’habitation.
Réglementation thermique
La réglementation thermique est un extrait, un chapitre du code de la construction, la Section 4 intitulée « Performance énergétique et environnementale et caractéristiques énergétiques et environnementales« . Elle est le fruit des orientations retenues à l’issue des différents Grenelles de l’environnement.
La réglementation thermique 2012 (RT2012) s’applique pour tous les bâtiments depuis janvier 2013. Elle est avant tout une réglementation d’objectifs car elle comporte 3 exigences de résultats : un besoin bioclimatique et une consommation d’énergie primaire plafonnés, un confort d’été maîtrisé pour éviter la climatisation. La RT2012 comporte aussi quelques exigences de moyens, comme l’affichage des consommations par exemple.
Pour comprendre la RT2012, référez-vous à notre article intitulé « La RT2012 en bref« .
Réglementation environnementale
La réglementation environnementale (RE2020) remplacera la RT2012 en 2020, ou 2021…

La RT2012

Besoin bioclimatique – Bbio
L’exigence d’efficacité énergétique minimale d’un bâtiment est définie par le coefficient «Bbiomax». C’est le besoin bioclimatique. Cette exigence impose une limitation du besoin en énergie pour le chauffage, le refroidissement et l’éclairage. Ainsi, avant même de choisir le mode de chauffage, la construction doit être conçue de façon à être la plus économe possible.
Le calcul du Bbio réalisé par GThermik fait l’objet d’une attestation qui est remise à la mairie en même temps que la demande de permis de construire.
Consommation d’énergie primaire – CEP
La consommation d’énergie primaire traduit la quantité d’énergie qu’une construction va puiser dans les réserves de la terre.
Les énergies consommées pour chauffer, refroidir, ventiler et éclairer le bâtiment, ainsi que pour produire l’eau chaude sanitaire, sont mesurées (et facturées) à l’aide de compteurs. Ce qui est facturé est l’énergie « finale ».
Mais l’énergie finale a nécessité l’usage de centrales de production et de moyens de transport pour arriver jusqu’au bâtiment. Un coefficient a donc été déterminé pour convertir l’énergie finale en énergie primaire. Toutes les énergies ont un coefficient proche de 1, qui a été réduit à 1,00 par simplification ; sauf pour l’électricité. L’énergie électrique subit un coefficient de 2,58.
Dans le cas d’un chauffage électrique, une consommation de 1 kWhef (énergie finale) au compteur se traduit par une consommation primaire de 2,58 kWhep.
Or, la réglementation thermique fixe un seuil maximum Cepmax de 50 kWh/(m².an) d’énergie primaire. Le CEPmax est modulé par la localisation géographique, l’altitude, le type d’usage du bâtiment, la surface moyenne des logements et les émissions de gaz à effet de serre pour le bois énergie et les réseaux de chaleur les moins émetteurs de CO2.
Il est donc beaucoup plus difficile de respecter la RT2012 avec un chauffage électrique direct (sans pompe à chaleur et sans panneaux solaires) qu’avec les autres énergies.
Confort d’été – TIC
La réglementation impose que la température la plus chaude atteinte dans les locaux, au cours d’une séquence de 5 jours très chauds d’été, n’excède pas un certain seuil. L’objectif est de limiter le recours aux climatisations.
GThermik affiche clairement la température intérieure de confort (TIC) dans tous ses rapports pour vous aider à optimiser votre construction.

La RE2020

Réglementation Environnementale
La réglementation environnementale 2020 ou RE2020 établira évidemment de nouveaux niveaux de performances énergétiques. La consommation d’énergie primaire sera sans doute entre 5 et 10% plus faible que dans l’actuelle RT2012. De plus, la RE2020 limitera la production de Carbone des bâtiments neufs : Que ce soit pour la construction ou pour l’utilisation, un bilan carbone fixera des limites et encouragera les constructeurs à choisir des matériaux et des matériels « bas-carbone ».

Vocabulaire immobilier

Logement
Un logement désigne un local à usage d’habitation.
Logement neuf
Le code de la construction définit comment les logements neufs doivent être construits.
Logement ancien
Pour les logements anciens, d’autres décrets précisent certaines règles. Par exemple, un logement doit être décent. Les caractéristiques du logement décent sont fixées par le décret n°2002-120 du 30 janvier 2002. Le logement doit ainsi satisfaire à des exigences concernant sa dimension, la sécurité physique et la santé des locataires et doit comporter certains équipements de confort.
Logement au sens de l’INSEE
L’INSEE définit ainsi ce qu’est un logement :
« Un logement est défini du point de vue de son utilisation. C’est un local utilisé pour l’habitation :
– Séparé, c’est-à-dire complètement fermé par des murs et cloisons, sans communication avec un autre local si ce n’est par les parties communes de l’immeuble (couloir, escalier, vestibule, …) ;
– Indépendant, à savoir ayant une entrée d’où l’on a directement accès sur l’extérieur ou les parties communes de l’immeuble, sans devoir traverser un autre local.
Les logements sont répartis en quatre catégories : résidences principales, résidences secondaires, logements occasionnels, logements vacants.
Il existe des logements ayant des caractéristiques particulières, mais qui font tout de même partie des logements au sens de l’Insee : les logements-foyers pour personnes âgées, les chambres meublées, les habitations précaires ou de fortune (caravanes, mobile home, etc.).
« 
Logement social
Un logement social est un logement destiné, à la suite d’une initiative publique ou privée, à des personnes à revenus modestes qui ont des difficultés à se loger dans le marché privé.
Logement intermédiaire
Créée par le Gouvernement le 1er janvier 2014, les logements locatifs intermédiaires sont des logements neufs, répondant aux dernières normes, notamment en matière de performance énergétique et d’isolation phonique. Les loyers, inférieurs de 15 à 20% au prix du marché, sont plafonnés. Leur accès est conditionné à des plafonds de ressources couvrant 85 % de la population. Ils sont situés au plus près des bassins d’emploi.
Logement individuel ou collectif
Un logement individuel est situé dans une construction qui ne comprend qu’un logement (maison individuelle) ou plusieurs logements sans parties communes (maisons jumelées). Un logement collectif est un logement dans un immeuble partageant des parties communes ; c’est-à-dire, dans un bâtiment qui comprend au moins deux logements avec une entrée commune.
Logement traversant
Un logement traversant offre des ouvertures sur l’exterieur (fenêtre ou porte-fenêtre pouvant être ouverte) sur au moins 2 façades d’orientations différentes. Cette configuration permet une meilleure ventilation au sein du logement et offre la possibilité de surventiler durant la nuit en été, pour un meilleur confort.

Vocabulaire technique du bâtiment

Les matériaux

Enduit
L’enduit extérieur a un rôle majeur dans la préservation du bâti. Il doit protéger le reste du mur (substrat et isolant) des infiltrations d’eau. L’enduit peut soit être lisse (tel une peinture) et l’eau s’écoule en surface, soit être gratté et alors l’eau est drainée dans son épaisseur. Dans tous les cas, l’eau doit être récupérée au pied du mur et évacuée.
La couleur de l’enduit a une incidence sur la performance énergétique : plus le mur est foncé, plus il emmagasine de la chaleur solaire. Idéalement, les maisons situées au Nord de la France devraient avoir des enduits foncés, les maisons au Sud des enduits clairs.
Isolant
Un isolant est un matériau qui limite les transferts. Il a une résistance thermique (R) qui réduit les déperditions. La qualité d’un isolant ne dépend pas uniquement de son « R » : L’isolant se choisi aussi en fonction de sa capacité à atténuer la transmission des bruits (dB), à retarder le passage de la chaleur (déphasage), à faciliter le transfert de la vapeur d’eau (Sd), à resister à l’eau liquide (inondation, remontée capillaire, infiltration)…
Substrat
Les murs sont souvent porteurs dans le mode constructif traditionnel français. Dans le neuf, ils sont généralement en agglos de ciment creux, en béton banché, en briques de terre cuite ou en panneaux de bois. Chaque matériau a ses avantages et ses inconvénients. Pour choisir, il convient de tenir compte de la nature du terrain, du confort recherché et du bilan carbone (énergie grise).

Les matériels

Chaudière
La chaudière est un appareil qui transfère de l’énergie thermique à un fluide caloporteur (le plus généralement de l’eau). L’énergie thermique (source de chaleur) transférée au logement est généralement la chaleur dégagée par la combustion d’un combustible (charbon, fioul, gaz, ou bois). L’énergie thermique peut aussi provenir d’une résistance électrique et/ou d’une pompe à chaleur. Le choix de l’énergie dépend du confort recherché, du budget de départ, du bilan carbone et du coût des énergies.
La qualité d’une chaudière se caractérise essentiellement par sa capacité à adapter sa puissance au besoin (kW), son rendement (%), et sa capacité à produire de l’eau chaude sanitaire en continu (nombre de litres par minute l/mn).
PAC – Pompe à chaleur
La pompe à chaleur récupère de l’énergie dans l’environnement extérieur au logement. Elle a le même principe de fonctionnement que les réfrigérateurs : La compression puis décompression d’un gaz permet de produire d’un côté du froid, d’un autre du chaud. Si le côté froid est réchauffé par l’air extérieur (aérothermie) ou par le sous-sol (géothermie), le côté chaud se retrouve être d’autant plus chaud aussi. Ainsi, l’énergie récupérée à l’extérieur du logement est « pompée » pour être transmise à l’intérieur.
La qualité d’une PAC se mesure à son coefficient de performance (COP à +7°C), son fonctionnement autonome lors de périodes de froid rigoureux (COP à -7°C), la température de sortie d’eau (supérieure à 55°C), la présence ou non d’une résistance électrique additionnelle.
La majorité des PAC sont « réversibles », c’est à dire qu’elles peuvent être utilisées pour rafraichir les logements l’été. Attention cependant, dans le cas des PAC Air/Eau, les radiateurs ou planchers seront « rafraichis » et non pas « refroidis » pour éviter la condensation d’eau. Si vous souhaitez une climatisation d’été, orientez-vous plutôt sur une PAC Air/Air bien plus performante pour cela qu’une PAC Air/Eau.
Thermodynamique
L’adjectif « thermodynamique » est souvent associé au chauffe-eau. Il désigne un système de pompe à chaleur. Le chauffe-eau thermodynamique (CETD) récupère des calories dans l’air qui traverse un échangeur. L’air utilisé peut provenir de 3 endroits différents :
– De l’extérieur… solution courante la moins performante ;
– Depuis un local non chauffé (garage, sous_sol…)… solution simple si le local est suffisament grand ;
– Depuis l’intérieur… uniquement si l’appareil est adapté et en remplacement du caisson de ventilation habituel.
La qualité d’un CETD se caractérise par son coefficient de performance (COP), sa rapidité à produire un volume d’eau chaude (l/mn), de l’isolation thermique du ballon et donc de sa constante de refroidissement. Nous vous encourageons à veiller aussi au bruit produit (dB) s’il est positionné à l’intérieur du logement.
PAC DUO
La PAC DUO est un système 2 en 1 qui gère le chauffage (et éventuellement le refroidissement) du logement, et la production d’eau chaude sanitaire.
PAC TRIO
La PAC TRIO est un système 3 en 1 qui gère le chauffage, la production d’eau chaude sanitaire et la ventilation du logement.
Puit canadien
Le puit canadien est un système de ventilation naturelle du logement. Il est constitué d’une prise d’air extérieure enterrée. S’il est bien conçu, le puit canadien tempère l’air qui alimente le logement, sans produire de condensation, et donc sans développement de micro_organismes dangereux pour la santé. La température étant stable dans le sous-sol, l’air est rafraîchi l’été et moins froid l’hiver. Cela peut apporter du confort et des économies d’énergie.

La thermie

Energie
L’énergie est nécessaire pour modifier un état, créer une action. C’est une force qui agit pendant une certaine durée. Il faut donc de l’énergie pour chauffer ou refroidir un logement.
Pour une question de préservation de notre environnement, la réglementation distingue les énergies fossiles des énergies renouvelables. On qualifie de fossile tous les combustibles riches en carbone issus de la méthanisation d’êtres vivants morts et enfouis dans le sol depuis plusieurs millions d’années. Il s’agit du pétrole, du charbon, de la tourbe et du gaz naturel. Ces combustibles produisent des gaz à effet de serre et polluants lorsqu’ils sont brûlés pour produire de l’énergie.
Les sources d’énergie non renouvelables sont les énergies fossiles dont les gisements sont limités. Les sources renouvelables sont l’énergie solaire, éolienne, hydraulique, géothermique, marine et la biomasse ; qui sont presque illimitées.